Quand 400 Sherbrookois parlent de politique

Utilisation approuvée par Faut qu'on se parle.
Source : Faut qu’on se parle (utilisation approuvée par l’organisation).

Il y a quelques semaines, j’ai abordé l’initiative Faut qu’on se parle. Eh bien hier soir, j’ai participé à l’assemblée qui avait lieu à Sherbrooke. Quelque 400 personnes étaient réunies au Granada pour parler de politique. Cet événement m’a passionnée. Je vous présente donc quelques-unes des 803 idées qui ont été proposées lors de la soirée dans une optique de créer un nouveau projet de société pour l’avenir du Québec.

  1. Instaurer des cours d’éducation citoyenne/politique dès le secondaire. Ainsi, l’éducation reviendrait à son but premier, soit former des citoyens, et non pas seulement de futurs travailleurs.
  2. Dans une optique de réduction des frais de scolarité ou d’une totale gratuité scolaire, instaurer un système de service civil. Concrètement, les étudiants seraient redevables envers la société et ils s’acquitteraient de ce dû par le biais de services d’intérêt public, soit toutes formes de bénévolat possibles. Ainsi, l’argument selon lequel la gratuité scolaire coûterait trop cher à la société serait invalidé, puisque les étudiants accompliraient, soit pendant leurs études, soit après, de nombreux services de façon gratuite.
  3. Rendre illégal le principe d’obsolescence programmée. On définit l’obsolescence programmée comme une stratégie commerciale qui vise à limiter volontairement la durée de vie d’un produit afin de créer chez le consommateur le besoin d’effectuer un nouvel achat prématurément.
  4. Établir un vote de confiance envers nos élus à mi-mandat et réduire la durée des mandats.
  5. Récompenser les initiatives environnementales plutôt que de fonctionner avec un système punitif.
  6. Rétablir la taxe sur le capital des institutions financières.
  7. Rembourser les frais de psychothérapie aux citoyens. Cette mesure peut paraître coûteuse, mais il est important de considérer en contrepartie les pertes financières immenses qu’engendre l’absentéisme au travail dû à des problèmes psychologiques.

Je pourrais écrire encore des pages et des pages de ce genre de propositions innovantes… Ce qui me plait avant tout dans les assemblées Faut qu’on se parle, c’est le principe de prendre le temps d’écouter les gens qu’on entend trop peu. Effectivement, l’équipe de Faut qu’on se parle ira faire des assemblées de cuisine dans les milieux appauvris (par ex. Montréal Nord), dans des communautés autochtones, dans des groupes de femmes musulmanes et même avec un groupe de sourds et muets! Avouons que c’est une initiative plus que louable. Espérons que le projet qui en ressortira le soit tout autant.

Mélissa Boissé

Source :

Site Web Obsolescence programmée, « Home ».

Être contre la vertu

Photo approuvée par l'organisation Faut qu'on se parle
Utilisation approuvée par l’organisation Faut qu’on se parle

La nouvelle est tombée mercredi dernier : Gabriel Nadeau-Dubois, porte-étendard du printemps érable, et Jean-Martin Aussant, ancien chef d’Option nationale, partent en tournée provinciale, accompagnée de trois autres collaborateurs. Ensemble, ils sillonneront le Québec pour poser dix questions aux citoyens. Le réseau de la santé, l’immigration, l’accès à l’éducation et la démocratie participative sont quelques-uns des sujets chauds qui seront discutés, dans l’optique de trouver des pistes de solution au cul-de-sac actuel en matière de politique québécoise. Ce processus, nommé Faut qu’on se parle, mènera à un projet pour l’avenir du Québec, mais sous quelle forme? Ralliement à un parti politique existant? Nouveau parti politique? Pour l’instant, nous l’ignorons. Toutes les avenues sont possibles.

Depuis cette annonce, les critiques pleuvent de toutes parts. Même les gens les plus à gauche sur l’échiquier politique y vont de commentaires acerbes. Démarche inutile, questions trop partiales, projet malhonnête, les accusations se multiplient ! Certaines de ces critiques sont plausibles, mais tout de même, pouvons-nous leur laisser le temps de faire leurs preuves avant de monter aux barricades? Pouvons-nous saluer cette initiative menée, rappelons-le, par cinq grands esprits qui ont le mérite de vouloir trouver des avenues meilleures pour le Québec? J’ose espérer que les gens qui ont émis des critiques se donneront la peine de s’inscrire à l’assemblée de leur région pour constater si leurs craintes étaient bel et bien justifiées.

Laissons-leur la chance. Sincèrement, qu’avons-nous à perdre?

Mélissa Boissé

Sources :

Site Web Presse-toi à gauche, « Faut qu’on se parle : Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-Martin Aussant lancent une vaste consultation sur l’avenir du Québec », 28 septembre 2016.

Site Web de Faut qu’on se parle, « Les 10 questions ».