La victoire de Donald Trump : quand le discours haineux séduit les masses

Source : Pixabay.com
Source : Pixabay.com

Mardi dernier, le 8 novembre 2016, restera à jamais un jour gravé dans l’histoire. Et dans ma mémoire, malheureusement. Ce soir-là, quelques professeurs de philosophie du Cégep de Sherbrooke avaient décidé d’organiser un visionnement collectif de la soirée électorale, ponctué d’analyses philosophiques et politiques. En compagnie d’autres étudiants, je suis restée clouée à mon siège jusqu’à 1 h 30 du matin, heure à laquelle on nous a demandé de quitter le Cégep. Les résultats finaux n’étaient pas encore annoncés, mais le sort était déjà jeté : Donald Trump allait gagner. Nous tous, professeurs, étudiants et analystes politiques, étions stupéfaits d’horreur : ce scénario n’était pas censé se produire. Il convient de rappeler quelques abjectes promesses que Trump a faites durant sa sordide campagne :

  • Bâtir un mur de 3200 kilomètres pour séparer les États-Unis du Mexique;
  • Interdire de séjour tous les musulmans;
  • Défendre le droit de posséder et de porter une arme à feu;
  • Développer les énergies fossiles et retirer les États-Unis des accords sur les changements climatiques, tout en coupant le financement des organisations luttant contre les changements climatiques (ces promesses découlent du fait que Trump croit que les changements climatiques sont une totale invention);
  • Mettre la hache dans le Obamacare, qui visait à aider les familles à faible revenu à se procurer une assurance-maladie;
  • Baisser l’impôt de la classe moyenne, mais AUSSI des plus fortunés et des grandes entreprises;
  • Nommer à la cour suprême uniquement des juges pro-vie (anti-avortement).

Rappelons également que durant sa campagne, Trump s’en est pris de façon gratuite et vulgaire à de nombreux groupes : les femmes, les personnes noires, les musulmans, les personnes handicapées et  les Mexicains.

Je ne saurais expliquer à quel point cet homme est dangereux, mais SURTOUT, à quel point il est inquiétant qu’autant de personnes aient été séduites par ses idées de droite radicale. L’histoire nous le confirme : les foules sont facilement manipulables et enclines à s’associer à des discours haineux et identitaires. Je ne peux que terminer ce triste texte en rapportant à ma façon les paroles de Véronique Grenier, professeure de philosophie, lorsque la victoire de Trump est devenue évidente : Qu’est-ce qu’on vous apprend dans vos cours de philo? L’esprit critique. Maintenant, la nécessité de se servir de cet esprit critique devient plus qu’urgente. Nous devons nous méfier, combattre la haine, protéger les droits humains. Se servir de notre pouvoir par le biais des réseaux sociaux, en informant les gens.

Il y a une semaine, au Cégep de Sherbrooke, une cinquantaine de personnes dévastées ont regardé ensemble une puissante vidéo afin de retrouver l’espoir et le courage au milieu de l’affreux moment historique qui se déroulait devant leurs yeux. Voici donc cette vidéo, pour vous :

 

Mélissa Boissé

Sources :

Site Web du Devoir, « À travers le fiel, les promesses », 17 novembre 2016.

Site Web du Journal de Québec, « 9 promesses importantes de Donald Trump », 9 novembre 2016.

Site Web du Nouvel observateur, « Expulsions, mur, armes, avortement… Trump précise ses intentions », 14 novembre 2016.

Site Web YouTube, vidéo « The Great Dictator (1940) – Charlie Chaplin – Final Speech – Music – Hans Zimmer – Time – VOSTFR », 5 novembre 2014.

Quand 400 Sherbrookois parlent de politique

Utilisation approuvée par Faut qu'on se parle.
Source : Faut qu’on se parle (utilisation approuvée par l’organisation).

Il y a quelques semaines, j’ai abordé l’initiative Faut qu’on se parle. Eh bien hier soir, j’ai participé à l’assemblée qui avait lieu à Sherbrooke. Quelque 400 personnes étaient réunies au Granada pour parler de politique. Cet événement m’a passionnée. Je vous présente donc quelques-unes des 803 idées qui ont été proposées lors de la soirée dans une optique de créer un nouveau projet de société pour l’avenir du Québec.

  1. Instaurer des cours d’éducation citoyenne/politique dès le secondaire. Ainsi, l’éducation reviendrait à son but premier, soit former des citoyens, et non pas seulement de futurs travailleurs.
  2. Dans une optique de réduction des frais de scolarité ou d’une totale gratuité scolaire, instaurer un système de service civil. Concrètement, les étudiants seraient redevables envers la société et ils s’acquitteraient de ce dû par le biais de services d’intérêt public, soit toutes formes de bénévolat possibles. Ainsi, l’argument selon lequel la gratuité scolaire coûterait trop cher à la société serait invalidé, puisque les étudiants accompliraient, soit pendant leurs études, soit après, de nombreux services de façon gratuite.
  3. Rendre illégal le principe d’obsolescence programmée. On définit l’obsolescence programmée comme une stratégie commerciale qui vise à limiter volontairement la durée de vie d’un produit afin de créer chez le consommateur le besoin d’effectuer un nouvel achat prématurément.
  4. Établir un vote de confiance envers nos élus à mi-mandat et réduire la durée des mandats.
  5. Récompenser les initiatives environnementales plutôt que de fonctionner avec un système punitif.
  6. Rétablir la taxe sur le capital des institutions financières.
  7. Rembourser les frais de psychothérapie aux citoyens. Cette mesure peut paraître coûteuse, mais il est important de considérer en contrepartie les pertes financières immenses qu’engendre l’absentéisme au travail dû à des problèmes psychologiques.

Je pourrais écrire encore des pages et des pages de ce genre de propositions innovantes… Ce qui me plait avant tout dans les assemblées Faut qu’on se parle, c’est le principe de prendre le temps d’écouter les gens qu’on entend trop peu. Effectivement, l’équipe de Faut qu’on se parle ira faire des assemblées de cuisine dans les milieux appauvris (par ex. Montréal Nord), dans des communautés autochtones, dans des groupes de femmes musulmanes et même avec un groupe de sourds et muets! Avouons que c’est une initiative plus que louable. Espérons que le projet qui en ressortira le soit tout autant.

Mélissa Boissé

Source :

Site Web Obsolescence programmée, « Home ».

Méchants pitbulls

Source : Pixabay.com
Source : Pixabay.com

Le débat sur la défense ou l’abolition de la race pitbull fait partie prenante de notre fil d’actualité depuis plusieurs mois déjà. Nous avons eu droit à quelques attaques de ces chiens musclés qui ont été grandement médiatisées au cours des dernières semaines. Les pitbulls sont-ils des chiens dangereux?

Si l’on recule de plusieurs années, ce croisement de chiens a d’abord et avant tout été conçu pour le combat. Un mélange entre le robuste bulldog américain et l’agile terrier. Ces chiens ont la génétique pour le combat, certes, par contre, l’éducation et l’environnement de l’animal a un impact beaucoup plus grand sur son comportement que les gênes.

Comme on dit: « Il n’y a pas de mauvais chiens, que de mauvais maîtres! »

La loi concernant l’interdiction d’adopter des chiens de type pitbull dans la grande ville de Montréal a finalement été adopté cette semaine. Les gens possédant déjà un chien de type pitbull pourront tout de même le garder en suivant plusieurs restrictions. Par contre, aucune nouvelle adoption de ce croisement de races ne sera possible à partir du 3 octobre 2016. Le règlement établi plusieurs points dont les propriétaires de ces chiens devront respecter afin de pouvoir garder leur meilleur ami, leur confident, leur animal de compagnie.

Les bêtes devront obligatoirement être micropucés, stérilisés, munis d’une muselière et d’une laisse d’un maximum de 1,85 m durant leur promenade. Les propriétaires devront s’équiper d’un permis et d’une médaille au coût de 150$ (au coût de 60$ pour tous les autres type de chien). Les frais pourraient s’élever jusqu’à 650$ pour les gens qui détiennent déjà un pitbull.

Avec tous ces frais à assumer, combien se feront arracher leur chier par manque de budget?

Bientôt, un « sanctuaire de pitbulls » sera mis en place et personne ne pourra les adopter, les sauver de cette fin non-méritée. C’est vers ce futur que nous marchons tranquillement.

Andréanne Lefebvre

Source :

Site Web de TVA Nouvelles, « Le règlement pour bannir les pitbulls à Montréal adopté », 27 septembre 2016.

 

Être contre la vertu

Photo approuvée par l'organisation Faut qu'on se parle
Utilisation approuvée par l’organisation Faut qu’on se parle

La nouvelle est tombée mercredi dernier : Gabriel Nadeau-Dubois, porte-étendard du printemps érable, et Jean-Martin Aussant, ancien chef d’Option nationale, partent en tournée provinciale, accompagnée de trois autres collaborateurs. Ensemble, ils sillonneront le Québec pour poser dix questions aux citoyens. Le réseau de la santé, l’immigration, l’accès à l’éducation et la démocratie participative sont quelques-uns des sujets chauds qui seront discutés, dans l’optique de trouver des pistes de solution au cul-de-sac actuel en matière de politique québécoise. Ce processus, nommé Faut qu’on se parle, mènera à un projet pour l’avenir du Québec, mais sous quelle forme? Ralliement à un parti politique existant? Nouveau parti politique? Pour l’instant, nous l’ignorons. Toutes les avenues sont possibles.

Depuis cette annonce, les critiques pleuvent de toutes parts. Même les gens les plus à gauche sur l’échiquier politique y vont de commentaires acerbes. Démarche inutile, questions trop partiales, projet malhonnête, les accusations se multiplient ! Certaines de ces critiques sont plausibles, mais tout de même, pouvons-nous leur laisser le temps de faire leurs preuves avant de monter aux barricades? Pouvons-nous saluer cette initiative menée, rappelons-le, par cinq grands esprits qui ont le mérite de vouloir trouver des avenues meilleures pour le Québec? J’ose espérer que les gens qui ont émis des critiques se donneront la peine de s’inscrire à l’assemblée de leur région pour constater si leurs craintes étaient bel et bien justifiées.

Laissons-leur la chance. Sincèrement, qu’avons-nous à perdre?

Mélissa Boissé

Sources :

Site Web Presse-toi à gauche, « Faut qu’on se parle : Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-Martin Aussant lancent une vaste consultation sur l’avenir du Québec », 28 septembre 2016.

Site Web de Faut qu’on se parle, « Les 10 questions ».