Le cégep : perte de temps ou richesse collective?

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Source : Pixabay.com

Le modèle de l’éducation supérieure québécoise est unique au monde. En effet, les cégeps (collèges d’enseignement général et professionnel) ont été créés en 1967, suite au fameux rapport Parent. La formation générale est obligatoire pour chaque étudiant, peu importe son domaine d’études, et elle inclue des cours de philosophie, de littérature, d’anglais et d’éducation physique. De plus, chaque étudiant doit s’inscrire à au moins deux cours complémentaires n’ayant aucun lien direct avec son programme d’études. Ces obligations sont considérées par bien des gens comme une perte de temps considérable. Je ne suis pas de cet avis.

Nombreux sont ceux qui voudraient pouvoir se consacrer immédiatement et uniquement à leur choix de carrière ou encore aux supposées « vraies matières ». Pour ma part, je crois que l’éducation ne sert pas uniquement à produire de futurs travailleurs, mais plutôt à former de futurs citoyens. Une pleine citoyenneté implique de développer un esprit critique, une ouverture d’esprit et un mode de vie sain. Pour y arriver, les cours de formation générale, et tout particulièrement les cours de philosophie, sont incontournables. Apprendre à analyser la société dans laquelle nous vivons, à remettre en question nos idées préconçues et à développer une conscience sociale et un esprit critique sont les outils inestimables que l’on peut développer au cégep plus que partout ailleurs. Et ces outils, ils seront utiles dans la vie personnelle et sociale de chacun, mais également dans la sacrosainte entreprise vers laquelle l’étudiant se dirige. Chaque fois que quelqu’un se moque de la prétendue inutilité des cégeps, c’est ce que je brûle de lui répondre.

Pour clore ce sujet, je vous invite à cliquer sur ce lien, qui mène à un article de Véronique Grenier, professeure de philosophie au Cégep de Sherbrooke, auteure et chroniqueuse. Mme Grenier aborde le sujet d’une manière plus que pertinente (comme elle le fait toujours)

 

Mélissa Boissé

Sources :

Site Web La révolution tranquille, « La création des cégeps et de l’Université du Québec ».

Site Web de l’Université de Sherbrooke, « Le rapport Parent : la démocratisation de l’éducation ».

Les impropriétés

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La semaine dernière, mon article portait sur les barbarismes. Cette semaine, j’ai décidé d’aborder un autre type d’erreur de vocabulaire, qui peut facilement être confondu avec les barbarismes : les impropriétés.

Une impropriété est l’utilisation d’un mot ou d’une expression dans un sens fautif. Alors que les barbarismes sont des erreurs en lien avec la forme d’un mot, les impropriétés sont pour leur part des fautes touchant le sens du mot. Le mot employé existe bel et bien dans la langue française, mais il est utilisé d’une façon qui ne fait pas de sens dans un contexte donné.

Voici deux impropriétés couramment entendues :

Signaler

Signaler (quelque chose) signifie annoncer par un signe ou des signaux. Le sens d’attirer l’attention d’une personne pour lui faire voir une chose est également accepté. Donc, lorsqu’on emploie le terme « signaler » dans un autre sens que ceux-ci, cela devient une impropriété. Exemples :

  • Pour joindre la réceptionniste, veuillez signaler le zéro.

Forme correcte : veuillez composer le zéro.

  • Pour une urgence, signalez le 911.

Forme correcte : composez le 911.

Pension

Une pension désigne une somme d’argent accordée par l’État ou par un organisme en reconnaissance d’anciens services rendus. Par contre, le terme pension ne peut remplacer le terme retraite. Cela constituerait une impropriété.

Exemples :

  • Beaucoup d’employés rêvent de prendre leur pension à l’âge de cinquante-cinq ans.

Forme correcte : prendre leur retraite.

  • Depuis qu’ils sont à leur pension, mes parents partent plusieurs mois par année en Floride.

Forme correcte : depuis qu’ils sont à leur retraite.

 

Mélissa Boissé

Sources :

Site Web de la Banque de dépannage linguistique, « Qu’est-ce qu’une impropriété? », 2016.

Site Web de la Banque de dépannage linguistique, « Signaler », 2016.

Site Web de la Banque de dépannage linguistique, « Pension », 2016